Cycle 2 (niveau CE1)

Shaïli notre princesse de 7 ans est au niveau CE1. C’est une petite fille qui a besoin d’être en confiance pour être libre. Plutôt observatrice et prudente, c’est une artiste. Elle dessine vraiment très très bien! Elle adore l’art, l’architecture et se passionne pour tout ce qui est créatif. Elle est très imaginative et peut jouer des heures dans un monde qu’elle s’invente avec ses poupées LOL (tu sais les petites poupées qui coutent une blinde!). Elle aime être seule et apprécie beaucoup écrire des petits mots dans ses centaines de carnets.

Depuis qu’elle est toute petite elle est plutôt sensible aux bruits. Déjà bébé dans les repas de famille quand le niveau sonore augmentait au fil du repas elle se mettait à pleurer. Plus tard elle exprimait la douleur qu’elle ressentait quand les bruits étaient trop forts ou graves. Même la musique l’a faisait pleurer. On a été voir un pro qui nous a dit qu’elle était sensible aux bruits et que ça passerait en grandissant au fur et à mesure que l’oreille perdra en sensibilité. Elle aime pas du tout les cris, la pression, les colères des gens et l’injustice. Elle est très empathique et à l’écoute de l’autre. Elle vit avec ses émotions comme on dit tout passe par le ventre.

Elle aussi a été plus que chouchoutée puisque c’est moi et son papa qui l’avons gardé et ma maman pendant un temps. Alors, elle a toujours été entourée de beaucoup d’amour, de chaleur humaine et de milliers de cadeaux 🙂

Quand elle est rentrée à l’école ça a été terriblement douloureux pour elle. Elle a pleuré pendant des mois. J’ai décidé dès la deuxième semaine de ne pas la mettre à l’école l’après-midi parce qu’elle ne faisait plus la sieste depuis longtemps et que les enfants étaient obligés de rester dans la salle de sieste même s’il ne dormait pas. C’était une torture et je pèse mes mots que de la mettre à l’école. J’ai eu le coeur en milles morceaux, j’allais l’observer discrètement au loin et je la voyais toujours avec un adulte en insécurité totale… Plus tard (bien plus tard) j’ai appris pourquoi elle avait si peur… J’en dirais pas plus car je souhaite dénigrer personne; là n’est pas mon objectif mais juste d’expliquer son parcours à l’école (d’ailleurs je lui ai lu ce texte avant de le publier pour être sure qu’elle serait d’accord que je le diffuse). Notre fille soit disant timide et anxieuse avait en fait une énorme peur en elle.

Si j’avais su que l’on pouvait faire l’école à la maison je l’aurais fait bien plus tôt! Je n’avais pas non plus l’intégralité des connaissances sur le cerveau de l’enfant et son développement ce que j’ai à l’heure actuelle. J’étais bien loin de toutes les notions que l’on apprend quand on découvre la parentalité respectueuse. Bien loin de m’imaginer la souffrance de mon enfant. Je me disais que l’école était importante et obligatoire, que je n’avais pas d’autres choix. Pourtant crois moi ça me brûlait le coeur de la laisser comme ça mais encore plus de la retrouver en larmes à peine le portail de l’école passé. Je mentirais si je disais qu’il n’y a pas eu d’améliorations, petit à petit elle a grandit et son cerveau a usé de stratégies pour vivre ces journées plus agréablement. Elle a créé du lien avec certaines personnes et ses petites copines. Ce qui lui tardait c’était de les retrouver à la récréation pour partager avec elles ses petits trésors.

Mais cette année, c’était pas du tout aussi positif. Je l’ai surprise à plusieurs reprises en larmes dans son lit. A pleurer énormément en sanglots pour des choses dont elle a été témoin. Je pèse encore une fois mes mots. Parce que nos actes sont peut être anodins pour nous mais ils sont terriblement choquant pour l’enfant. On les accuse toujours d’amplifier, de modifier la vérité pour autant c’est leur vérité! C’est comme cela qui l’ont vécu…avec cette intensité. Alors, je ne pouvais plus ignorer ces signaux qui tiraient l’alarme! Jusqu’à ce qu’un jour elle me dise  » Maman je ne veux plus aller à l’école je veux que tu me fasses l’école toi! « … Ça a fait son chemin dans mon coeur et chaque soirées ou je l’a retrouvé en larmes dans son lit en cachette me hurlaient « J’ai besoin que tu m’entendes »!

Et ce cheminement dans mon coeur qui me pousse à tous les jours respecter d’avantage mes enfants, à écouter leurs besoins, entendre leurs émotions et les laisser les exprimer m’ont clairement poussé à sauter le pas.
J’ai eu peur tu sais de m’embarquer dans un truc complètement fou. En fait je me suis rendue compte que c’était ma place! Pas celle de quelqu’un que je connais pas, que je ne peux pas sonder, que je ne peux pas analyser. Je ne pouvais même pas savoir ce que faisaient mes enfants de la journée. Et c’est la parole d’un adulte contre celle d’un enfant… Pour beaucoup ce n’est pas un problème, l’adulte maîtrise et la confiance est aveugle. Pour moi retrouver régulièrement ma fille dans un état d’angoisse était déjà une preuve qu’elle était malheureuse à l’école. Souvent aussi elle était super en colère. Et elle avait tout le temps mal à la tête en rentrant… Elle nous en voulait de ne pas la comprendre, elle essayait de nous l’exprimer et nous essayons de la consoler et de l’apaiser mais ce n’était pas ce dont elle avait besoin. J’ai mis du temps à comprendre que ça lui pesait terriblement. Et un jour je lui ai dis : « Shaïli est ce que tu veux vraiment que l’on fasse l’école à la maison? » Son visage s’est illuminé! C’est comme si enfin je l’avais écouté. Elle a évidemment dit oui et on s’est lancé dans l’aventure de l’IEF.

Cela fait peu de temps mais assez pour que s’opèrent les changements. Elle n’est plus du tout anxieuse, elle n’a plus mal à la tête, elle a retrouvé son sourire, sa confiance en elle et en nous, elle me montre par son attitude à quel point elle est heureuse. Elle ne cesse de rire encore et encore… Elle n’a pas pleuré une seule fois depuis le 20 décembre 2019 ni était en colère et nous sommes le 16 janvier 2020… Elle est libérée d’un poids. Son être entier parle pour elle même et moi… Mon coeur est apaisé, soulagé et fière d’avoir osé écouter la détresse de mon enfant.

Alors je suis certaine que l’école est faite pour certains enfants et pour d’autres ce n’est pas adapté. C’est pourquoi, le choix de l’IEF se révèle être la meilleure décision que l’on ait pu prendre de notre vie. La liberté pédagogique nous a permis de reprendre les notions fragiles et d’écouter ses intérêts et envies. Quel bonheur!
Pour le moment voici comment nous procédons :

  • 4 matinées par semaine d’une heure environ avec papa
  • 4 après-midis par semaine de deux heures environ avec maman
  • On utilise des manuels pour nous guider en math et en français mais on ne suit pas à la lettre les séances mais en fonction des besoins de notre fille.
  • Liberté totale dans le reste des apprentissages en lui offrant un environnement riche.
  • Ateliers autonomes en libre services
  • Beaucoup de temps créatif et de jeux libre
  • Découverte de l’anglais avec papa qui est bilingue et avec maman de la LSF

Je propose à Shaïli une sortie par semaine au minimum avec des enfants de son âge ou plus grands/petits scolarisés ou non ou journée avec une de ses copines d’école.

Shaïli fait de la natation pour apprendre à nager, du cheval également. Pour le moment elle n’était pas du tout fan des sports extra-scolaire étant donné des longues journées d’école elle n’avait pas envie de sortir plus puisque ce qu’elle aime c’est son cocon. Mais nous l’inscrirons l’année prochaine aux cours de son choix.

Nous faisons de nombreuses sorties culturelles, nous allons beaucoup à la bibliothèque et à la médiathèque. Nous avons également prévu pas mal de voyages et petits week-ends qui susciteront son intérêt pour différents apprentissages: Tour Eiffel, visite de Paris et ses musées, châteaux, vacances à la neige, village médiévale, dormir dans une cabane comme à l’ancien temps, visite de Londres ou de l’Italie on hésite encore…. enfin voilà beaucoup de jolie choses qui arrivent cette année et qui devraient lui apporter beaucoup 🙂