Un papa porteur  » vieuxmachinbidule »

Dans cette interview, vous pouvez retrouver Frédérique qui nous parle de la paternité avec beaucoup de douceur et un amour inconditionnel pour sa femme pour qui il semble avoir beaucoup d’admiration.

Bonjour, est ce que tu peux te présenter à nous?

Salut Anaïs, je m’appelle Frédéric, j’ai 30 ans, je vis à Rouen, je suis marié avec Julie et je suis papa de Rosalie depuis le 19 Aout 2018.
Je travaille au CHU de Rouen comme Aide Soignant Logisticien. J’ai travaillé pendant plusieurs années chez les sapeurs pompiers et au Samu 37 puis en psychiatrie adulte.
Je suis un passionné de rugby, de vieux objets et de vielles mécaniques.
Je suis ce que l’on peut appeler un éternel optimiste.

Quel genre d’éducation as tu reçu? A t’elle influencée tes choix dans ta propre façon d’éduquer Rosalie? Quel genre d’éducation avez vous avec elle?

Mes parents comme beaucoup de jeunes parents dans les année 90 avaient des principes d’éducation souvent transmis par leurs propres parents étant parfois dans l’ignorance totale du « comment faire ».
Cependant ma maman a mis un point d’honneur à éviter les violences physiques (fessées, claques…) en ayant subit énormément elle même enfant. Mes parents m’ont laissé faire mes propres choix (études, sport…). Mais je n’ai pas échappé aux violences éducatives ordinaires.
Effectivement tout cela a influencé mes choix pour l’éducation de Rosalie et même dans mon comportement avec les enfants que je côtoie (neveux, nièces de coeur, petit(e)s cousin(e)s, les enfants de mes amis…) La découverte de certain compte Instagram également m’ont permis de m’ouvrir à d’autres alternatives d’éducation.
Je fais parti des adultes ayant reçu la fameuse claque ou fessée qui ne tue personne… En effet elle ne m’a pas tué mais je m’en souviens encore de l’unique fessée de mon père et j’en garde un amer souvenir.
Aujourd’hui, j’essaie d’offrir ou de donner ( je réfléchi encore au terme qui est le plus juste) à ma fille une éducation bienveillante et positive, elle est un membre de la famille au même titre que sa maman et son papa, nous lui donnons la chance de pouvoir faire ses propres choix dans un environnement s »curie » ou il existe des règles qui ne sont pas négociables, pour le reste nous l’encourageons, nous l’accompagnons, nous l’aidons, nous essayons de comprendre ses besoins et nous essayons chaque jours de lui apporter le meilleur de nous.
Ce n’est pas une éducation ‘laxiste » nous partageons avec elle nos joies, nos peines et nos colères tout en étant respectueux, nous faisons en sorte d’éviter les VEP et aussi nous respectons son consentement ( bisous, câlins forcés…).

Avec ta femme étiez vous d’accord pour une éducation respectueuse avant l’arrivée de votre princesse? Est ce que ça a été une évidence ou plutôt c’est venu avec l’expérience?

Dés le départ nous ne voulions pas reproduire ce que nous avons vécu et ce que nous pouvons parfois voir… C’est une évidence qu’il a fallu étoffer avec le temps, l’expérience s’acquière avec le temps et avec beaucoup d’informations!

Est ce que tu trouves que l’éducation que tu avais prévu de donner avant l’arrivée de Rosalie ressemble à celle que tu as aujourd’hui?


Sincèrement ?! c’est même mieux ! Avec ma femme , nous avons la chance d’avoir dans notre famille une super maman et un super papa qui nous ont clairement donné envie de leur ressembler. (Big-up tata carole et tonton Marco) ils ont donné à leurs 3 filles Maya, Coline et Louna ce dont chaque enfant à besoin pour se créer, grandir, devenir des adultes avec du cœur et de l’âme. Nous avons également rencontré des Instagrammeurs adorables avec qui nous partageons des valeurs communes, nous nous sommes même rencontrés et c’est agréable de voir que des enfants peuvent être heureux, jouer, bouger, s’exprimer librement
et que l’on respecte leurs personnalités.

Quelle est ta plus grande difficulté dans ce type d’éducation?

De faire comprendre notre fonctionnement à notre famille et nos proches.
Les grands parents de Rosalie ont réellement changé leur manière de faire et d’être après la naissance de Rosalie. Difficile pour eux qui ont connu des claques dans la gueule, les fessées à retardement et les humiliations perpétuelles… Mais nous constatons qu’ils essaient quotidiennement de donner le meilleur à notre fille tout comme nous. Et pour cela nous sommes très fiers.

Est ce que tu t’es senti inclus dans la famille tout de suite ou est ce qu’au contraire il a été difficile pour toi de trouver ta place? Qu’est ce que tu pourrais conseiller à un papa pour l’aider à trouver sa place?

J’ai trouvé ma place rapidement des le début de la grossesse de ma femme Julie. Ensemble nous avons discuté d’un choix de préparation à l’accouchement différent que celui proposé dans la maternité ou elle même travaille en tant que sage-femme. Nous avons fait le choix de faire de l’haptonomie chez une sage femme rouennaise. Franchement, c’est cette méthode qui m’a complètement inclus dans la grossesse, l’accouchement et même après.
Bien installé et curieux de découvrir l’haptonomie, nous avons posé nos mains sur le ventre de Julie en exerçant de légères pressions. Ça a été mon vrai premier contact avec notre fille et j’ai senti à cet instant que j’allais réellement partager cette grossesse avec Julie même si je ne portais pas notre enfant. Nous allions avoir la chance de rentrer en contact avec notre fille alors qu’elle était encore au chaud.
Dans cet accompagnement nous avons dê apprendre à nous faire confiance et donner confiance à ce bébé. Les premières caresses étaient hésitantes mais quand au bout de quelques minute notre bébé est venu se blottir contre la paroi ou se trouvaient les mains de sa maman et les miennes, nous avons senti une émotion intense. L’haptonomie nous a permis d’avoir un accouchement plus harmonieux que ce soit pour Rosalie, pour Julie et pour moi qui ai pu par certaines geste acquis pendant nos séances me permettre de soulager ma femme avant le départ pour la maternité, pendant le travail et l’accouchement. Nous avons transmis tout notre amour et notre confiance mutuelle et en elle pour construire avec notre fille avant même sa naissance un lien de sécurité affective.

Je sais que ta chérie allaite votre fille, que peux tu nous dire à ce sujet?

Je suis un papallaitant, premier soutient de ma femme au quotidien, premier rempart sur lequel se fracassent les regards jugeants et malveillants, les commentaires et conseils inutiles que l’on veut nous imposer. Je suis celui qui essuie les larmes et qui essaie chaque jour de soutenir au mieux que je peux ma femme dans son allaitement, dans les doutes, dans les angoisses, dans les peurs, dans la fatigue, dans les moments les plus difficiles ou elle a envie de tout arrêter.

Est ce que pour toi l’allaitement est un frein pour la relation enfant/père? Qu’est ce que tu dirais à un papa qui est encore septique?

Non pas du tout, j’ai avec ma fille une très grande complicité. Les papas vous avez aussi votre part cet allaitement, impliquez vous, votre rôle est d’une importance capitale, finalement un allaitement ce fait à 3!

Quels conseils donnerais tu à un papa pour qu’il puisse accompagner la maman dans ce choix?

Il faut apprendre chaque jour à analyser les besoins de sa famille lors des tétées : L’installation, le petit coussin en plus, le repose pieds, le verre d’eau, l’atmosphère, l’ambiance musicale…

Je sais aussi que tu es un papa porteur, tu peux nous expliquer le principe? Les bienfaits ce que ça apporte à Rosalie et ce que cela t’apportes à toi?

En effet je suis un papa porteur, avec ma femme nous portons en position physiologique, celle qui respecte au maximum la posture naturelle de l’enfant selon son âge, sa colonne vertébrale, son tonus, son bassin et également ses capacités musculaires.
Tout peut s’adapter à chaque porteur grâce aux différents nouages et placement qui sont réalisables. Il existe plein de moyens de portage qui peuvent tout à fait correspondre à vos besoins et à celui de l’enfant.
Notre fille adore le portage car avant tout c’est une grande curieuse, quoi de mieux que d’être à hauteur pour mieux voir le monde qui l’entoure? Dans le dos ou devant nous, toujours à porté de bisous, pour un câlin, pour un dodo, pour se promener ou cuisinier. Le portage apaise Rosalie. Elle est collée à nous, entend notre coeur et ressent notre chaleur.

Un conseil pour les papas qui n’osent pas sauter le pas?

N’ayez pas peur, sachez prendre conseils auprès de motrice de portage, essayez plusieurs moyens de portage et vous trouverez le votre.

Quel est ton moyen de portage fétiche?

J’adore le mei tai pour sa légèreté et son confort nous l’avons fait faire sur mesure. Et j’apprécie le sling pour la rapidité de la mise en oeuvre.

Tu as un compte instagram sur lequel tu es actif et tu partages entre autre sur tout ce qui te tiens à coeur en tant que papa. Est ce que cela t’apportes quelque chose à toi aussi ou est ce que c’est seulement dans le but de faire découvrir la parentalité vécue par un papa? `

Alors quand je me suis inscrit sur Instagram c’était simplement pour partager sur ma passion des vieux machins des drôles de trucs et des vieux bidules , d’où le nom VIEUXMACHINBIDULE, nom de compte que je ne changerai pas, même si au premier clic on devine pas que je suis un papa.
En juin 2019 je commence à poster un peu plus de contenu sur notre parentalité, je parle de
l’allaitement, du portage, de la LSF… et lors de mes vacances à Nîmes le même mois, Julie, Rosalie et moi sommes allés à Montpellier pour l’événement Happy Milk, c’est alors que j’ai pris conscience de l’impact des réseaux sociaux sur l’information ou plutôt le manque d’information dont nous devons faire face en tant que parents , il y a des comptes avec des contenus extrêmement intéressant qui m’apportent tous les jours beaucoup d’aide dans notre parentalité, je pense à Marie (@littlebunbao) qui avec sa bonne humeur et son savoir précieux nous apportes quotidiennement des nouveaux signes , également July (@ahauteurdenfant) qui en plus d’être une personne adorable, possède de grande
qualité de monitrice de portage, Camille (@camillelolohelpeuse) qui est une douce maman allaitante, qui a sauvé l’allaitement de ma femme à un moment ou nous savions plus quoi faire, et bien d’autres encore.
Instagram m’apporte beaucoup donc je renvois la balle à mon échelle. Mon contenue est simple, avec des informations simples, sans jugement, chaque parent fait comme il
peut à son échelle, je ne jetterai jamais la pierre à une maman biberonnant ou un papa qui préfère la poussette. Je ne fais que partager du contenu.
Nous faisons des rencontres magnifiques, avec des parents qui comme nous partage les mêmes valeurs, nous nous sommes même rencontrés en réel, et de suite ça colle, car justement nous partageons tout cela.

Est il facile d’exposer à son entourage ses choix éducatifs?

C’est simple de le dire , mais difficile à faire comprendre… tout un paradoxe.
Nous sommes des extraterrestres pour certains, des gens qui ne font rien comme tout le monde…Nous sommes souvent jugés sans connaissance du sujet. Comme je dis souvent «l’inconnu fait peur ».

Est ce que tu as quelque chose à nous dire qui te tient à coeur et dont on a pas encore parlé?

Simplement un mot pour Julie, ma femme : Je t’aime.

Merci Frédéric pour tes confidences et d’avoir osé prendre la parole pour les hommes. Je t’encourage à aller découvrir leur petite famille sur les réseaux sociaux.
Tu peux retrouver ses aventures sur son compte instagram.
Je te met le lien juste là : @vieuxmachinbidule

Je te glisse aussi discrètement celui de son adorable femme @mamanchouke qui partage sur sa maternité 🙂

A bientôt pour une nouvelle interview 😉